CoP-MfDR-Africa Francophone

Chers membres,

Voici, nous lançons notre nouvelle discussion (sujet sélectionné par les membres):

« Défis et solutions pour créer une culture de résultats dans les sociétés et organisations africaines »

Elle sera certainement très intéressante, mais bien évidemment grâce à vous ! Nous vous invitons donc une fois de plus à participer à cette discussion en partageant vos réflexions et expériences.

Voici un nombre de questions avec lesquelles nous ouvrons le débat :

Q1: Y a-t-il une prise de conscience et une appréciation du concept GRD dans votre pays? Si non, quelles sont les mesures prises en vue d’évoluer dans ce sens? Si oui, quand et comment a-t-il été créé, qui en était responsable, et quelles sont les stratégies formulées et les actions identifiées en vue de renforcer la GRD dans votre pays?

Q2: La GRD appelle à une approche axée sur les résultats et s’investit sur toutes actions et initiatives de développement. Est-ce que cela présente des défis compte tenu de la culture et du système de valeur dans votre pays?

Q3: Les gouvernements des pays en développement sont préoccupés par la production de résultats de développement ; cependant, les systèmes de valeurs et l’environnement socioculturel au sein de ces pays en général représentent un obstacle à ces efforts. Que faire et de quelle façon pensez-vous qu'un pays devrait répondre à un tel dilemme?

Q4: Une solution prouvée à l'amélioration du concept GRD et de la responsabilité du secteur public dans l’atteinte des résultats est d'améliorer et de renforcer la demande assortie à un tel agenda par le biais de la sensibilisation du citoyen, la participation et l'autonomisation. Pensez-vous que cette approche pourra fonctionner dans votre pays? Si non, pourquoi? Si oui, veuillez exposer/analyser les stratégies qui pourraient fonctionner dans votre pays.

Q5: Le changement nécessaire pour la mise en œuvre du concept GRD dans un pays en développement nécessite souvent entre autres un grand leadership, une grande vision, un engagement sérieux et des ressources. Quels sont les défis que pourrait rencontrer votre pays dans ce sens? Selon vous, quelles sont les stratégies qui pourraient fonctionner pour produire de telles conditions?

Nous nous réjouissons de vous lire à ce sujet et nous vous remercions d’avance pour votre partage de réflexions, idées et expériences.

Bien cordialement,

Dick van Blitterswijk et Melinda Wezenaar

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Réponses à cette discussion

Chèr(e)s membres de la communauté,

J'ai le plaisir de partager avec vous, mes premières réactions au sujet du deuxième thème relatif au "Défis et solutions pour créer une culture de résultats...."

Je tiens d'abord à remercier Monsieurs Dick Van Blitterswijk et Melinda Weznaar pour avoir proposé ce thème.

Avant de rentrer dans les discussions, j'aimerais que pour les prochaines fois que vous donniez plus d'éclaircissement aux sujets proposés. Pour ce thème précis, à mon avis plusieurs interprétations peuvent en être faites.

Lorsque vous parler de Sociétés et Orgnaisations Africaines, parlez vous de Société/organisation sous l'angle des Communeautés ou bien Société/Organisation sous l'angle des entreprises ou autres organisation d'affaires. De toutes les façons les deux perceptions (Communautés Africaines ou bien Entreprises Africaines) sont toutes deux valables et peuvent faire l'objet de discussions dans le cadre du thème proposé.

Ainsi, je dirais que la culture de Résultats est à mon avis très ancienne dans toutes les sociétés (communautés) humaines notamment dans les Sociétés Africaines. En effet, la gestion du quotidien a toujours été basé sur des résultats qui eux mêmes sont assortis d'indicateurs de mesure. Par exemple une ménagère qui va au marché a un ou des objectif (s) à atteindre, ces objectifs sont traduits en résultats, mesurables par rapport à la quantité de provisions faites en fonction du % du budget dépensé. Le seul problème à ce niveau est que l'utilisation de la GAR n'a pas été formel: aucun outil n'a été utilisé dans les faits, aucun système de S&E n'a été à priori mis en place.

Sous l'angle des sociétés d'affaires, je pense que le défi, c'est celui d'amener les acteurs des ces sociéts ou organisations à comprendre que la Gestion Axée sur les Résultats, n'est pas institutionnalisée pour sanctionner ou pour faire la police, mais plutôt pour donner plus de chance de succès aux acivités/busines des entreprises. En dautres termes il faut démistifier la Gestion Axée sur les Résultats.

Ainsi, selon moi, la culture de Résultats est une culture déjà existante , elle voudra tout simplement être valorisée et matérialisée: C'est l'ére de la GAR !

Issa Abdoul Razaou!
Cher Monsieur Issa Abdoul Razaou,

Un grand merci pour avoir lancé la première réaction à notre nouvelle discussion ! Il est vrai que les notions de ‘sociétés et organisations’ peuvent être vues sous différents angles. Notre intention n’était pas de nous restreindre, mais de les voir au sens le plus large ; dans ce sens l’interprétation de ‘communauté’ couvre cette notion plus large. Ou encore notion de ‘groupe’.

Puisque le thème de cette discussion est « Défis et solutions pour créer une culture de résultats dans les sociétés et organisations africaines » il serait peut-être intéressant de reprendre ici la définition de Geert Hofstede (chercheur hollandais – voir aussi la contribution de Dr Kabo le 23 mars pour la discussion Système de Performance du Personnel). Il a défini la culture comme « une programmation mentale collective d’esprit qui différencie les membres d’un groupe ou d’une catégorie d’hommes et de femmes par rapport à d’autres groupes de personnes ».

Votre partage d’exemple est intéressant. Il s’agit de la ‘gestion des résultats au quotidien’ par ‘les individus’. La question se posera ensuite, si on retrouve cet esprit aussi à un niveau ‘agrégé’ ? Pour rejoindre la 3ème question lancée pour ce débat : Qu’en est-il des gouvernements, sont-ils préoccupés par la production de résultats de développement ? Quels sont les obstacles ? Et surtout comment les gérer ou lever ?

Comme vous le dites si bien, c’est l’ère de la GAR ou GRD - pour accentuer les résultats de développement- et tous ensemble nous contribuerons à ce qu’elle soit « valorisée et matérialisée » !

Merci donc pour votre contribution et nous espérons encore bien d’autres à venir de vous et aussi des autres membres ! Le débat est ouvert !

Bien cordialement,

Dick van Blitterswijk et Melinda Wezenaar
Cher(e)s membres de l'AfCoP,

Il est pour moi un heureux plaisir de participer a ce second tour de discussions lances par Dick Van Blitterswijk et Melinda Weznaar dont je remercie l'engagement et le devouement a la poursuite des debats.

Le sujet intitule, « Défis et solutions pour créer une culture de résultats dans les sociétés et organisations africaines » pourrait etre reformule de la facon suivante: « Défis et solutions pour Re-créer/Ressusciter une culture de résultats dans les sociétés et organisations africaines »

A travers cette reformulation du sujet, vous comprenez d'emble que la notion/culture de resultats n'est pas un fait nouveau dans nos societes traditionnelles et seculaires d'Afrique. Cette notion a ete biaisee au fil du temps par des relans d'egoismes socio-economiques et politiques ou tout simplement par l'incapacite notoire de ceux qui sont appeles a gerer les affaires publiques/privees.
La notion de culture a ete definie et continue d'etre definie par plusieurs chercheurs, des courants d'idees se sont opposes au fil des annees dans la recherche d'une definition concensuelle; le chercheur Geert Hofstede a apporte sa contribution au debat sur ce concept. Seulement, pourquoi aller tres loin du continent pour chercher ce que nous avons surplace ...Je pense ici aux travaux fort eloquents du theologien, philosophe et penseur Camerounais Engelbert Nveng sur son livre intitule "Theologie, Liberation Et Cultures Africaines: Dialogue Sur L'anthropologie Negro-Africaine"...et que dire des recherches approfondies de l'historien et philosophe Senegalais Cheickh Anta Diop sur "Nations nègres et culture : de l'Antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l'Afrique noire d'aujourd'hui" ...Les exemples pourraient etre legion mais nous devons nous accorder sur une choses essentielle a savoir: la necessite de sensibiliser et de redonner espoir aux populations Africaines sur les bienfaits d'une culture de resultats dans la gestion des affaires publiques/privees. Car bon nombres de responsables et decideurs Africains ont deliberement enleve cet objectif de leur plan d'action pour laisser la place au pillage a outrance des finances publiques, a la gabegie, au laxisme, a la corruption et au favoritisme ...tous ces maux, permettez du peu, sont en fait des signes precurseurs et declencheurs de conflits de tout genre (ethniques, tribaux, claniques...etc) et dont l'Afrique continue d'en etre le theatre d'action.
Dans le passe, les systemes d'organisation des societes Africaines, bien que rudimentaires et fondes sur la subsistence (du point de vu economique) etait portes sur la cohesion sociale et la recherche de l'interet general pour la survit de la communaute d'ou la vieille notion de solidarite Africaine qui nous fait encore rever quelques fois. L'heure est aujourd'hui a faire un examen de conscience afin que nous reconsiderions nos approches et strategies de developpement, il est plus jamais question de donner aux populations ce qui leur revient, de redistribuer equitablement les ressources/rentes financieres au sein de la population, d'engager des actions de developpement concertees, coherent et harmoniser pour le bien-etre de la population...car qui dit atteinte de resultats de developpement dit satisfaction de l'interet general des populations.

Merci,

Patrick Elat
Bonjour Melinda,
Bonjour Patrick

Je vous remercie tous deux pour avoir apporté des précisions sur le sujet à l'ordre du jour. Mélinda avec le rappel de définition de Geert, et Patrick avec la nouvelle formulation du thème, je crois que les choses sont claires et permettent une meilleure compréhension du sujet à débattre.

Pour répondre à Mélinda, à savoir si les gouvernements (en afrique) sont ils préoccupés par la production de résultats de développement ? j'aimerais opposé une autre question "Est ce que "Pauvreté" et "Production de résultats de Développement" riment ils ? Cette question peut paraître paradoxale, parce que vous allez me dire que c'est justement parceque les sociétés africaines sont pauvres que leurs gouvernants doivent se soucier de produire des résultats de développement, s'ils veulent éradiquer la pauvreté. Cette thèse tient la route si l'intérêt général est mis en avant ces gouvernants. Mais le problème est que, c'est aussi la pauvreté qui fait qu' il y a de fort risque que les gouvernants en question mettent plutôt l'intérêt égoïste en avant au lieu de de l'intérêt général, qui est celui de la production des résultats de développement.

En d'autre termes, tant que les sociétes africaines resteront dans la pauvreté, il y a de forte malchance que les gouvernants africains ne puissent pas se préoccuer de la production des résultats de développement.

Alors, comme solutions, je préconise : bien entendu la promotion de la culture de résultats de développement auprès des gouvernants africains, le renforcement de leurs capacités à vite éradiquer la pauvreté dans leurs sociétés. Mais parallèlement, il faut renforcer le contrôle citoyen.

Voilà en quelques mots ce que m'inspirent les questions posées par Melinda.

Bien cordialement !

Issa Abdoul Razaou

Patrick Elat a dit :
Cher(e)s membres de l'AfCoP,

Il est pour moi un heureux plaisir de participer a ce second tour de discussions lances par Dick Van Blitterswijk et Melinda Weznaar dont je remercie l'engagement et le devouement a la poursuite des debats.

Le sujet intitule, « Défis et solutions pour créer une culture de résultats dans les sociétés et organisations africaines » pourrait etre reformule de la facon suivante: « Défis et solutions pour Re-créer/Ressusciter une culture de résultats dans les sociétés et organisations africaines »

A travers cette reformulation du sujet, vous comprenez d'emble que la notion/culture de resultats n'est pas un fait nouveau dans nos societes traditionnelles et seculaires d'Afrique. Cette notion a ete biaisee au fil du temps par des relans d'egoismes socio-economiques et politiques ou tout simplement par l'incapacite notoire de ceux qui sont appeles a gerer les affaires publiques/privees.
La notion de culture a ete definie et continue d'etre definie par plusieurs chercheurs, des courants d'idees se sont opposes au fil des annees dans la recherche d'une definition concensuelle; le chercheur Geert Hofstede a apporte sa contribution au debat sur ce concept. Seulement, pourquoi aller tres loin du continent pour chercher ce que nous avons surplace ...Je pense ici aux travaux fort eloquents du theologien, philosophe et penseur Camerounais Engelbert Nveng sur son livre intitule "Theologie, Liberation Et Cultures Africaines: Dialogue Sur L'anthropologie Negro-Africaine"...et que dire des recherches approfondies de l'historien et philosophe Senegalais Cheickh Anta Diop sur "Nations nègres et culture : de l'Antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l'Afrique noire d'aujourd'hui" ...Les exemples pourraient etre legion mais nous devons nous accorder sur une choses essentielle a savoir: la necessite de sensibiliser et de redonner espoir aux populations Africaines sur les bienfaits d'une culture de resultats dans la gestion des affaires publiques/privees. Car bon nombres de responsables et decideurs Africains ont deliberement enleve cet objectif de leur plan d'action pour laisser la place au pillage a outrance des finances publiques, a la gabegie, au laxisme, a la corruption et au favoritisme ...tous ces maux, permettez du peu, sont en fait des signes precurseurs et declencheurs de conflits de tout genre (ethniques, tribaux, claniques...etc) et dont l'Afrique continue d'en etre le theatre d'action.
Dans le passe, les systemes d'organisation des societes Africaines, bien que rudimentaires et fondes sur la subsistence (du point de vu economique) etait portes sur la cohesion sociale et la recherche de l'interet general pour la survit de la communaute d'ou la vieille notion de solidarite Africaine qui nous fait encore rever quelques fois. L'heure est aujourd'hui a faire un examen de conscience afin que nous reconsiderions nos approches et strategies de developpement, il est plus jamais question de donner aux populations ce qui leur revient, de redistribuer equitablement les ressources/rentes financieres au sein de la population, d'engager des actions de developpement concertees, coherent et harmoniser pour le bien-etre de la population...car qui dit atteinte de resultats de developpement dit satisfaction de l'interet general des populations.

Merci,

Patrick Elat
Bonjour Cher Dick
Merci pour le lancement de cette discussion sur un thème aussi englobant qu'est la culture de résultats.
Selon moi, au plan institutionnel, on peut dire qu'au Niger, la culture de résultats n'est pas nouvelle même si le mot "Résultats" n'était à la mode.
En effet, dans le cadre de la recherche d'une performance de nos interventions et particulièrement celles conduites avec les partenaires au développement, le Niger a mis en place une Direction de Suivi-Evaluation des Programmes, Politiques et Projets depuis plus d'une dizaine d'années. L'objet visé était surtout de s'assurer que les opérations de développement fournissent les effets attendus et qu'elles sont conduites conformément aux accords et aux principes que le pays s'est donnés.
Mais la culture de résultats au sein de l'administration dans le vrai sens du terme est une initiative de la DGEPD (Direction Générale de l'Evaluation des Programmes et Projets de Développement) qui a initié les premiers outils nationaux de collecte de données sur les résultats des opérations de développement.
Je vais développer cet aspect dans ma prochaine intervention.
Aussi, en parlant de culture, je pense qu'au Niger il y a déjà des pratiques qui vont dans le sens du thème. J'ai personnellement conduit une recherche action sur le suivi-évaluation communautaire au Niger. Je dispose d'éléments à soumettre bientôt.
JUSTE POUR VOUS DIRE QUE CE THEME EST D'UNE IMPORTANCE CAPITALE ET NOUS VERRONS ENSEMBLE QUOI ECHANGER
Cher(e)s membres de l'AfCoP,

Je suis heureux de prendre part à ce deuxième tour de discussions lancé par Dick Van Blitterswijk et Melinda Weznaar à qui je tiens à exprimer mes remerciements pour leur engagement et dévouement.

Le sujet qui nous occupe pendant ce second tour de discussions (« Défis et solutions pour créer une culture de résultats dans les sociétés et organisations africaines ») est fort interessant.

Chaque société/Groupe ou organisation n’a droit à l’existence que par la pratique d’une certaine culture de résultats, sans quoi son existence est définitivement compromise. Ce qui n’a pas été précisé dans cette expression « d’une certaine culture de résultats » ce sont trois notions:
o la notion de quantité des résultats
o la notion de qualité des résultats, et
o le but destiné aux résultats produits.

La reformulation tentée par Patrick sous-entend que « la culture des résultats » a toujours existé, depuis les temps de cueillette et de chasse. Nos ancêtres allaient autre fois à la chasse ou à la cueillette avec des stratégies et instruments qu’ils ont développés exclusivement à cet effet. Ils faisaient tout pour ramener à la maison des gibiers ou produits comestibles pour le besoin et la survie de la famille. Sur ce point là on peut être tranquille. La notion de « production de résultat » existait. Mais depuis lors les choses ont bien changé, me dirait-on. Oui, c’est vrai. La question qui se pose aujourd’hui concernant la production de résultats est pluridimensionnelle (voir les trois points en italique plus haut). Si on part de cette hypothèse que la culture de résultats a toujours existé dans nos sociétés africaines, les conditions cadres pour sa redynamisation aujourd’hui est éminemment politique et complexe. La première condition est l’existence de quelque chose que j’appellerais « l’Etat au service du développement ». Bien sûr qu’il y a bien d’autres acteurs (secteur privé, société civile, etc.) qui peuvent promouvoir la production de résultats pour le développement. Mais l’Etat, en tant qu’acteur principal, conséquent et soucieux pour le développement de son peuple, doit créer des conditions cadres propices pour redynamiser et faire épanouir cette culture de résultats. A cet effet, les gouvernants doivent faire appliquer, sans complaisance, toutes les dispositions en vigueur dans leur pays respectif. Combattre, par exemple, la corruption et le népotisme.
Pour moi, garantir la culture de résultats revient à prendre en considération les points essentiels suivants :
o toutes les actions de l’Etat sont orientées vers le développement ;
o il (l’Etat) doit assurer la participation des femmes et des hommes à la gestion du développement ;
o il doit assurer le droit humain ;
o il doit assurer l’indépendance de la justice et garantir la justice sociale ;
o il doit garantir le droit de propriété ;
o il doit assurer l’éducation et la santé de base pour tout son peuple.

Si ces conditions sont assurées, alors on a toutes les chances de recréer/ressusciter/redynamiser la culture de résultats tant souhaitée dans nos sociétés et organisations africaines.
Merci,

N. Kabo
Merci pour le message, je contribuerai plus tard
Chères et chers membres,

Cette discussion est vraiment très intéressante et nous regrettons sincèrement que nous n’avons pu participer plus activement lors des dernières contributions. Nous avons relu avec attention les diverses contributions et ci-après nous aimerions mettre en avant certains des points clés soulevés, en espérant de motiver davantage ceux qui ont déjà contribué ainsi que ceux qui n’ont pas encore contribué à cette discussion.

Résultats individuels atteints avec ses ressources propres versus résultats collectifs atteints avec des ressources publics

Tout d’abord, nous aimerions revenir à la discussion initiale de Issa Abdoul Razaou. Personne ne contestera son exemple de la femme qui se rend au marché et qui essayera d’obtenir le plus de produits possibles pour le budget dont elle dispose. Cependant, la question se pose ensuite, si on retrouve cet esprit aussi au niveau agrégé (culture en tant que « programmation mentale collective »). De plus, n’oublions pas que cette femme pourvoit en ses propres besoins ainsi que ceux de sa famille avec ses propres ressources et qu’elle ‘contrôle’ dans une large mesure ce qui se passera de son budget au marché. Comme clairement démontré dans cet exemple, des individus sont à la recherche de résultats concrets pour leur propre bénéfice ainsi que celui de sa famille.

Or, du moment que nous abordons des résultats de développement, on constate que les différents acteurs –souvent du secteur public- essayent de remplir les besoins des autres (niveau effet/outcome) en produisant certains services ou produits (niveau ‘output’/résultat intermédiaire). Ces acteurs ne contrôlent pas l’atteinte des effets et souvent ils en bénéficient encore moins. Puis ils utilisent des fonds publics pour financer leurs résultats. Dans la plupart des pays cette gestion publique est intégrée dans la gestion du cycle du budget (annuel) et elle a été fortement focalisée sur les ressources/input. Une gestion publique axée résultats est relativement récente et il risque d’être trop tôt de parler d’une culture ‘résultats’ dans le secteur public dans la plupart des pays.

Une autre différence importante entre la ‘ménagère’ individuelle et les acteurs publics consiste en les incitants disponibles pour agir de façon axée résultats. Dans ce contexte, Issa Abdoul Razaou soulève certainement un point pertinent lors de sa 2ème réaction où il dit : ‘ il faut renforcer le contrôle citoyen’. Ceci pourrait clairement amener les acteurs publics à réaliser les résultats de développement qu’ils ont promis.

Ces propos nous mènent aux contributions intéressantes de Dr. Nahorbe Kabo et de Patrick Elat.

L’Etat au service du développement

Dr. Nahorbe Kabo soulève: « La première condition pour une redynamisation d’une culture de résultats est l’existence de quelque chose que j’appellerais : « l’Etat au service de développement ». Ceci nous ramènerait à l’Etat dans son rôle d’atteindre des résultats de développement (collectifs) avec les ressources publiques. Dans ce contexte il est intéressant de lire le constat de Patrick Elat : « Dans le passé, les systèmes d’organisation des sociétés Africaines étaient portés sur la cohésion sociale et la recherche de l’intérêt général pour la survie de la communauté d’où la vieille notion de la solidarité Africaine qui nous fait encore rêver quelquefois. »
L’Etat de votre pays agit-il selon ces principes ou encore, ‘quelles sont les conditions pour renforcer une telle action?’ Car ceci nous rapprocherait de “l’Etat au service de développement” et “une culture (collective !) de résultats”.

Systèmes, leadership et culture

Mr Sani donne plusieurs exemples qui démontrent une certaine culture institutionnelle. Il fait référence notamment à la mise en place d’une Direction de Suivi-Evaluation des Programmes, Politiques et Projets depuis plus d’une dizaine d’années. Il continue son intervention en disant : « Mais la culture de résultats au sein de l’administration dans le vrai sens est une initiative de la DGEPD (Direction générale de l’Evaluation des Programmes et Projets de Développement) qui a initié les premiers outils nationaux de collecte de données sur les résultats des opérations de développement ».

Les exemples font clairement référence à l’adaptation des différents systèmes au sein du service public. Ce processus est en cours depuis un certain temps. Le Planning, le Suivi et l’Evaluation se sont focalisés de plus en plus sur les résultats. De plus ces exemples évoquent le leadership qui émane de certaines parties des services publics.

Cependant, la question persiste aussi ici: pouvons-nous parler d’une culture de résultats au sein des services publics (culture dans les sens « programmation mentale collective ») ? Pouvons-nous constater qu’il est question d’un apprentissage commun au profit de meilleurs résultats ? La performance est-elle basée surtout sur les contributions aux résultats du département etc. ? Depuis le temps que le Niger œuvre à cela on pourrait s’attendre à plus de signes d’une telle culture de résultats.

Comme dit ci haut, vos contributions apportent une grande plus-value au débat et nous espérons que vous et d’autres continuerez dans le même esprit !

Au plaisir de vous (re)lire !

Bien cordialement,

Dick van Blitterswijk et Melinda Wezenaar
C'est un plaisir que de participer dans la discussion d'un thème aussi important. La GRD est avant tout une culture. Cela explique le fait que l'implantation de la GRD nécessite à la fois du temps et de l'effort.
E, ce qui concerne le premier point, il est communément admis que le changement d'une culture se fait sur des dizaines d'années si non plus. Changer la manière de penser, d'agir et développer des réflexes bien particulier nécessite une période plus ou moins longues.
En ce qui concerne le deuxième point, le changement de toute culture nécessite l'introduction de nouvelles valeurs de manières à améliorer l'existant et promouvoir de nouvelles manières d'agir et de penser. Dans notre sujet, il y a des préalables importants pour pouvoir implanter une nouvelle culture de GRD qui nécessitent des réformes important au niveau des politiques et des procédures de management et d'audit. La pierre angulaire de la culture de la GRD est la planification rigoureuse impliquant la détermination des objectifs, des sous objectifs, des critères d'évaluation de l'atteinte des résultats et le procédé de réalisation des objectifs. En outre, la fonction d'évaluation doit exister en tant que fonction permanentes au niveau des structures de management et qui permet le suivi de la réalisation des objectifs.
L'autre élément non moins important est le traitement des différentes activités des entités en tant que processus bien détaillés avec une délimitation des responsabilités des différents intervenants et la reddition des comptes de chacun envers l'autorité supérieure.
Ce shéma résumé des différents éléments d'une gestion de qualité orientée vers le résultats constitute l'environnement à introduire dans nos entités publiques ou privées afin de développer une culture de GRD.
Cher Mr Jameleddine Khemakhem,

Un grand merci d’abord pour votre contribution !
Effectivement, l’implantation de la GRD nécessite du temps et de l’effort.
Vous suggérez qu’un vrai changement d’une culture se fait sur des dizaines d’années. L’OCDE suggère que l’implantation de la GRD prendra facilement 7 ans (« Policy Brief MfDR, March 2009 »).

Vous avez identifié clairement quelques aspects clés nécessaires pour nos entités publiques ou privées afin de développer une culture de GRD:
- planification rigoureuse (détermination des objectifs et des sous-objectifs), ainsi que des critères d’évaluation de l’atteinte des résultats et le procédé de réalisation des objectifs
- le traitement des différentes activités des entités en tant que processus bien détaillé avec une délimitation des responsabilités des différents intervenants et la reddition des comptes de chacun envers l’autorité supérieure

L’Importance de « aligner la programmation, le suivi et l’évaluation sur les résultats » (votre premier point) a aussi été reconnue lors de la Deuxième Table ronde internationale sur la gestion axée sur les résultats (Marrakech, 2004). Il s’agit ici des changements de systèmes (de Planification, Suivi et Evaluation) et dans la plupart des cas, ces changements marquent le début du processus de l’implantation GRD.

Votre deuxième point (délimitation des responsabilités/mandats ainsi que reddition des comptes) est également important. Il s’agit ici aussi des changements de systèmes (reddition de comptes) ainsi que des changements au niveau de structures (mandats et aussi, souvent, une certaine forme de décentralisation).

En même temps, je me demande, comment cela change « la programmation mentale collective d’esprit… ». Je suis convaincu que vos deux points font certainement partie des solutions pour créer une culture de résultats, mais j’ai fort l’impression que cela n’est pas suffisant. Une fois de plus, je vous remercie de votre contribution intéressante. Continuerons dans le même esprit !


Dick van Blitterswijk
Chers tous,

Comme vous le savez sûrement, une discussion sur la Culture du résultat a lieu simultanément sur la version anglophone du site de l’AfCoP. De nombreux échanges ont déjà eu lieu et Aru Rasappan les a résumés pour vous. En voici les points principaux.

Plusieurs commentaires ont souligné le décalage existant entre une forte sensibilisation aux besoins de gestion axée sur les résultats et sa mise en œuvre effective. L’importance de l'engagement et du soutien de gestionnaires de haut niveau a été mis en avant. D'autres contributions ont suggéré que la participation de tous les échelons hiérarchiques et de différents secteurs était une condition du changement organisationnel. Ce sont non seulement les agents de la fonction publique, mais aussi les membres du Parlement qui doivent être formés à la gestion axée sur les résultats.

Un consensus s’est formé sur le fait que changer de « culture » dans le secteur public constitue un processus de long terme. Si trois années paraissent suffisantes pour acquérir une compréhension des enjeux de la gestion axée sur les résultats, un temps bien plus long s’avère nécessaire pour mettre en pratique de façon efficace les compétences acquises au sein de l’administration.

Une dernière série de contributions a montré que le changement de méthode organisationnelle pouvait être accéléré par l’introduction d’un système de promotion basé sur des sanctions et récompenses en fonction du respect des procédures administratives et de l'atteinte des objectifs.

Que pensez-vous de ces quelques points ? Rejoignent-ils votre analyse et votre expérience ?
Bonjour à tous.
J’ai eu le grand plaisir de lire tous ceux qui ont déjà intervenu. Et je remercie très sincèrement Dick van Blitterswijk et Melinda Wezenaar qui ont lancé cette discussion.

La GRD, comme l’on dit ceux qui m’ont précédé, est une culture datant des temps passés en Afrique. La culture de résultats a été une réalité dans l’histoire de l’Afrique. Mais aujourd’hui, le peuple africain s’écarte de plus en plus de cette valeur humaine.
Le problème de culture de résultat ne se pose pas au niveau micro (au niveau individuel) car la rationalité des individus les pousse à allouer efficacement leurs ressources pour atteindre leurs objectifs prédéfinis. Le problème réside donc au niveau macro (groupe, nation, région …) où les ressources collectives doivent être utilisées pour satisfaire des besoins collectifs. A ce niveau, le problème de gestion de bien collectifs se pose. L’Afrique n’est pas, nous le savons tous, le seul continent où demeure la corruption, mais il est le continent où les effets de la corruption sont les plus pervers (les pauvres sont les plus vulnérables au détournement des fonds affectés à la production des biens publics). Nous voyons donc que la GRD, si elle reste au cœur des stratégies de développement serait un outil de lutte contre la pauvreté en Afrique.
Dans mon pays le Bénin, le nouveau gouvernement a mis en place les premières bases pour une GRD en institutionnalisant un ministère chargé du développement et de l’évaluation de l’action publics. Cela est déjà un pas encourageant.
Merci Paul HOUNDONOUGBO





Melinda Wezenaar a dit :
Chères et chers membres,

Cette discussion est vraiment très intéressante et nous regrettons sincèrement que nous n’avons pu participer plus activement lors des dernières contributions. Nous avons relu avec attention les diverses contributions et ci-après nous aimerions mettre en avant certains des points clés soulevés, en espérant de motiver davantage ceux qui ont déjà contribué ainsi que ceux qui n’ont pas encore contribué à cette discussion.

Résultats individuels atteints avec ses ressources propres versus résultats collectifs atteints avec des ressources publics

Tout d’abord, nous aimerions revenir à la discussion initiale de Issa Abdoul Razaou. Personne ne contestera son exemple de la femme qui se rend au marché et qui essayera d’obtenir le plus de produits possibles pour le budget dont elle dispose. Cependant, la question se pose ensuite, si on retrouve cet esprit aussi au niveau agrégé (culture en tant que « programmation mentale collective »). De plus, n’oublions pas que cette femme pourvoit en ses propres besoins ainsi que ceux de sa famille avec ses propres ressources et qu’elle ‘contrôle’ dans une large mesure ce qui se passera de son budget au marché. Comme clairement démontré dans cet exemple, des individus sont à la recherche de résultats concrets pour leur propre bénéfice ainsi que celui de sa famille.

Or, du moment que nous abordons des résultats de développement, on constate que les différents acteurs –souvent du secteur public- essayent de remplir les besoins des autres (niveau effet/outcome) en produisant certains services ou produits (niveau ‘output’/résultat intermédiaire). Ces acteurs ne contrôlent pas l’atteinte des effets et souvent ils en bénéficient encore moins. Puis ils utilisent des fonds publics pour financer leurs résultats. Dans la plupart des pays cette gestion publique est intégrée dans la gestion du cycle du budget (annuel) et elle a été fortement focalisée sur les ressources/input. Une gestion publique axée résultats est relativement récente et il risque d’être trop tôt de parler d’une culture ‘résultats’ dans le secteur public dans la plupart des pays.

Une autre différence importante entre la ‘ménagère’ individuelle et les acteurs publics consiste en les incitants disponibles pour agir de façon axée résultats. Dans ce contexte, Issa Abdoul Razaou soulève certainement un point pertinent lors de sa 2ème réaction où il dit : ‘ il faut renforcer le contrôle citoyen’. Ceci pourrait clairement amener les acteurs publics à réaliser les résultats de développement qu’ils ont promis.

Ces propos nous mènent aux contributions intéressantes de Dr. Nahorbe Kabo et de Patrick Elat.

L’Etat au service du développement

Dr. Nahorbe Kabo soulève: « La première condition pour une redynamisation d’une culture de résultats est l’existence de quelque chose que j’appellerais : « l’Etat au service de développement ». Ceci nous ramènerait à l’Etat dans son rôle d’atteindre des résultats de développement (collectifs) avec les ressources publiques. Dans ce contexte il est intéressant de lire le constat de Patrick Elat : « Dans le passé, les systèmes d’organisation des sociétés Africaines étaient portés sur la cohésion sociale et la recherche de l’intérêt général pour la survie de la communauté d’où la vieille notion de la solidarité Africaine qui nous fait encore rêver quelquefois. »
L’Etat de votre pays agit-il selon ces principes ou encore, ‘quelles sont les conditions pour renforcer une telle action?’ Car ceci nous rapprocherait de “l’Etat au service de développement” et “une culture (collective !) de résultats”.

Systèmes, leadership et culture

Mr Sani donne plusieurs exemples qui démontrent une certaine culture institutionnelle. Il fait référence notamment à la mise en place d’une Direction de Suivi-Evaluation des Programmes, Politiques et Projets depuis plus d’une dizaine d’années. Il continue son intervention en disant : « Mais la culture de résultats au sein de l’administration dans le vrai sens est une initiative de la DGEPD (Direction générale de l’Evaluation des Programmes et Projets de Développement) qui a initié les premiers outils nationaux de collecte de données sur les résultats des opérations de développement ».

Les exemples font clairement référence à l’adaptation des différents systèmes au sein du service public. Ce processus est en cours depuis un certain temps. Le Planning, le Suivi et l’Evaluation se sont focalisés de plus en plus sur les résultats. De plus ces exemples évoquent le leadership qui émane de certaines parties des services publics.

Cependant, la question persiste aussi ici: pouvons-nous parler d’une culture de résultats au sein des services publics (culture dans les sens « programmation mentale collective ») ? Pouvons-nous constater qu’il est question d’un apprentissage commun au profit de meilleurs résultats ? La performance est-elle basée surtout sur les contributions aux résultats du département etc. ? Depuis le temps que le Niger œuvre à cela on pourrait s’attendre à plus de signes d’une telle culture de résultats.

Comme dit ci haut, vos contributions apportent une grande plus-value au débat et nous espérons que vous et d’autres continuerez dans le même esprit !

Au plaisir de vous (re)lire !

Bien cordialement,

Dick van Blitterswijk et Melinda Wezenaar

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