Balises :
Lien permanent Réponse de Patrick Elat le 29 avril 2009 à 12:22 Cher(e)s membres de l'AfCoP,
Il est pour moi un heureux plaisir de participer a ce second tour de discussions lances par Dick Van Blitterswijk et Melinda Weznaar dont je remercie l'engagement et le devouement a la poursuite des debats.
Le sujet intitule, « Défis et solutions pour créer une culture de résultats dans les sociétés et organisations africaines » pourrait etre reformule de la facon suivante: « Défis et solutions pour Re-créer/Ressusciter une culture de résultats dans les sociétés et organisations africaines »
A travers cette reformulation du sujet, vous comprenez d'emble que la notion/culture de resultats n'est pas un fait nouveau dans nos societes traditionnelles et seculaires d'Afrique. Cette notion a ete biaisee au fil du temps par des relans d'egoismes socio-economiques et politiques ou tout simplement par l'incapacite notoire de ceux qui sont appeles a gerer les affaires publiques/privees.
La notion de culture a ete definie et continue d'etre definie par plusieurs chercheurs, des courants d'idees se sont opposes au fil des annees dans la recherche d'une definition concensuelle; le chercheur Geert Hofstede a apporte sa contribution au debat sur ce concept. Seulement, pourquoi aller tres loin du continent pour chercher ce que nous avons surplace ...Je pense ici aux travaux fort eloquents du theologien, philosophe et penseur Camerounais Engelbert Nveng sur son livre intitule "Theologie, Liberation Et Cultures Africaines: Dialogue Sur L'anthropologie Negro-Africaine"...et que dire des recherches approfondies de l'historien et philosophe Senegalais Cheickh Anta Diop sur "Nations nègres et culture : de l'Antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l'Afrique noire d'aujourd'hui" ...Les exemples pourraient etre legion mais nous devons nous accorder sur une choses essentielle a savoir: la necessite de sensibiliser et de redonner espoir aux populations Africaines sur les bienfaits d'une culture de resultats dans la gestion des affaires publiques/privees. Car bon nombres de responsables et decideurs Africains ont deliberement enleve cet objectif de leur plan d'action pour laisser la place au pillage a outrance des finances publiques, a la gabegie, au laxisme, a la corruption et au favoritisme ...tous ces maux, permettez du peu, sont en fait des signes precurseurs et declencheurs de conflits de tout genre (ethniques, tribaux, claniques...etc) et dont l'Afrique continue d'en etre le theatre d'action.
Dans le passe, les systemes d'organisation des societes Africaines, bien que rudimentaires et fondes sur la subsistence (du point de vu economique) etait portes sur la cohesion sociale et la recherche de l'interet general pour la survit de la communaute d'ou la vieille notion de solidarite Africaine qui nous fait encore rever quelques fois. L'heure est aujourd'hui a faire un examen de conscience afin que nous reconsiderions nos approches et strategies de developpement, il est plus jamais question de donner aux populations ce qui leur revient, de redistribuer equitablement les ressources/rentes financieres au sein de la population, d'engager des actions de developpement concertees, coherent et harmoniser pour le bien-etre de la population...car qui dit atteinte de resultats de developpement dit satisfaction de l'interet general des populations.
Merci,
Patrick Elat
Lien permanent Réponse de OUATTARA Diakalia le 14 mai 2009 à 6:19
Lien permanent Réponse de Jameleddine khemakhem le 2 juin 2009 à 4:57
Lien permanent Réponse de Cyril Blet le 19 juin 2009 à 11:39
Lien permanent Réponse de HOUNDONOUGBO Paul le 1 juillet 2009 à 13:44 Chères et chers membres,
Cette discussion est vraiment très intéressante et nous regrettons sincèrement que nous n’avons pu participer plus activement lors des dernières contributions. Nous avons relu avec attention les diverses contributions et ci-après nous aimerions mettre en avant certains des points clés soulevés, en espérant de motiver davantage ceux qui ont déjà contribué ainsi que ceux qui n’ont pas encore contribué à cette discussion.
Résultats individuels atteints avec ses ressources propres versus résultats collectifs atteints avec des ressources publics
Tout d’abord, nous aimerions revenir à la discussion initiale de Issa Abdoul Razaou. Personne ne contestera son exemple de la femme qui se rend au marché et qui essayera d’obtenir le plus de produits possibles pour le budget dont elle dispose. Cependant, la question se pose ensuite, si on retrouve cet esprit aussi au niveau agrégé (culture en tant que « programmation mentale collective »). De plus, n’oublions pas que cette femme pourvoit en ses propres besoins ainsi que ceux de sa famille avec ses propres ressources et qu’elle ‘contrôle’ dans une large mesure ce qui se passera de son budget au marché. Comme clairement démontré dans cet exemple, des individus sont à la recherche de résultats concrets pour leur propre bénéfice ainsi que celui de sa famille.
Or, du moment que nous abordons des résultats de développement, on constate que les différents acteurs –souvent du secteur public- essayent de remplir les besoins des autres (niveau effet/outcome) en produisant certains services ou produits (niveau ‘output’/résultat intermédiaire). Ces acteurs ne contrôlent pas l’atteinte des effets et souvent ils en bénéficient encore moins. Puis ils utilisent des fonds publics pour financer leurs résultats. Dans la plupart des pays cette gestion publique est intégrée dans la gestion du cycle du budget (annuel) et elle a été fortement focalisée sur les ressources/input. Une gestion publique axée résultats est relativement récente et il risque d’être trop tôt de parler d’une culture ‘résultats’ dans le secteur public dans la plupart des pays.
Une autre différence importante entre la ‘ménagère’ individuelle et les acteurs publics consiste en les incitants disponibles pour agir de façon axée résultats. Dans ce contexte, Issa Abdoul Razaou soulève certainement un point pertinent lors de sa 2ème réaction où il dit : ‘ il faut renforcer le contrôle citoyen’. Ceci pourrait clairement amener les acteurs publics à réaliser les résultats de développement qu’ils ont promis.
Ces propos nous mènent aux contributions intéressantes de Dr. Nahorbe Kabo et de Patrick Elat.
L’Etat au service du développement
Dr. Nahorbe Kabo soulève: « La première condition pour une redynamisation d’une culture de résultats est l’existence de quelque chose que j’appellerais : « l’Etat au service de développement ». Ceci nous ramènerait à l’Etat dans son rôle d’atteindre des résultats de développement (collectifs) avec les ressources publiques. Dans ce contexte il est intéressant de lire le constat de Patrick Elat : « Dans le passé, les systèmes d’organisation des sociétés Africaines étaient portés sur la cohésion sociale et la recherche de l’intérêt général pour la survie de la communauté d’où la vieille notion de la solidarité Africaine qui nous fait encore rêver quelquefois. »
L’Etat de votre pays agit-il selon ces principes ou encore, ‘quelles sont les conditions pour renforcer une telle action?’ Car ceci nous rapprocherait de “l’Etat au service de développement” et “une culture (collective !) de résultats”.
Systèmes, leadership et culture
Mr Sani donne plusieurs exemples qui démontrent une certaine culture institutionnelle. Il fait référence notamment à la mise en place d’une Direction de Suivi-Evaluation des Programmes, Politiques et Projets depuis plus d’une dizaine d’années. Il continue son intervention en disant : « Mais la culture de résultats au sein de l’administration dans le vrai sens est une initiative de la DGEPD (Direction générale de l’Evaluation des Programmes et Projets de Développement) qui a initié les premiers outils nationaux de collecte de données sur les résultats des opérations de développement ».
Les exemples font clairement référence à l’adaptation des différents systèmes au sein du service public. Ce processus est en cours depuis un certain temps. Le Planning, le Suivi et l’Evaluation se sont focalisés de plus en plus sur les résultats. De plus ces exemples évoquent le leadership qui émane de certaines parties des services publics.
Cependant, la question persiste aussi ici: pouvons-nous parler d’une culture de résultats au sein des services publics (culture dans les sens « programmation mentale collective ») ? Pouvons-nous constater qu’il est question d’un apprentissage commun au profit de meilleurs résultats ? La performance est-elle basée surtout sur les contributions aux résultats du département etc. ? Depuis le temps que le Niger œuvre à cela on pourrait s’attendre à plus de signes d’une telle culture de résultats.
Comme dit ci haut, vos contributions apportent une grande plus-value au débat et nous espérons que vous et d’autres continuerez dans le même esprit !
Au plaisir de vous (re)lire !
Bien cordialement,
Dick van Blitterswijk et Melinda Wezenaar
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Billet de Eminate Tedi
Discussion publiée par Eminate Tedi
EHEDOUO Richmond a commenté le groupe Suivi et Evaluation de Anin Doffou Raoul.
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