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Introduction à la discussion en ligne sur le processus CAP-Scan au Niger
(Seydou Yayé, Gado Boureima)

L’évaluation systématique des capacités en gestion axée sur les résultats du développement (CAP-Scan en anglais) est un cadre analytique et un processus participatif pour évaluer et renforcer les capacités en Gestion axée sur les Résultats de Développement (GRD). En 2008, le Niger a choisi de suivre cette démarche. Notre équipe, chargée de sa mise en œuvre, va analyser avec vous cette expérience au cours des trois prochains mois, dans le cadre du développement en ligne du premier Sourcebook de l’AfCoP.

Le CAP-Scan est un outil d’analyse dont le développement a été parrainé par le Secrétariat de l’Initiative conjointe de la direction de la Coopération pour le Développement de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (CAD-OCDE) pour la GRD avec le soutien technique et financier d’un groupe de travail composé de représentants d’une dizaine d’organisations spécialisées dans le développement.

Au-delà du Niger, plusieurs autres pays d’Afrique ont eux aussi entamé cette démarche. Alors que la Mauritanie a d’ores et déjà clos son exercice, le Sénégal vient d’entrer dans sa première étape. D’autres Etats ont également manifesté leur intérêt. En Asie, des formations sont organisées autour de ce sujet.

Mais en quoi le CAP-Scan est-il si unique en son genre ? Par sa méthode basée sur une auto-évaluation des capacités de l’administration, cet outil dégage clairement les forces et les insuffisances d’un pays en matière de capacités. Il permet de définir les priorités de développement et d’élaborer un plan d’actions concrètes répondant aux besoins ainsi identifiés, afin de renforcer les capacités nationales.

L’auto-évaluation consiste pour chaque service de l’administration à déterminer par soi même le degré de développement de ses capacités selon sur une échelle comportant quatre grands stades : Conscience, Expérimentation, Transition et Mise en œuvre pérenne. Le diagnostic de l’administration est réalisé suivant les cinq piliers de la GRD i) leadership, ii) suivi et évaluation, iii) Redevabilité et partenariats, iv) Planification et budgétisation, v) capacité statistique.

La mise en œuvre du CAP-Scan au Niger s'inscrit dans la suite des efforts continus du Gouvernement pour la mise en pratique de la GRD, notamment i) la création de structures au sein de chaque ministère, chargées de la programmation et de l'évaluation, ii) l'adaptation du processus de suivi & évaluation de la Stratégie de Développement accéléré et de Réduction de la Pauvreté 2008-2012 (SDRP). Le Niger est également l’un des pays ayant mis en place une Communauté nationale de praticiens GRD (AfCoP Niger).

Au Niger, la coordination de l’équipe CAP-Scan a été assurée par la Direction Générale de l’Evaluation des Programmes de Développement (DGEPD) du Ministère de l’Economie et des Finances et bénéficié du soutien logistique et technique du Programmes des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à travers le programme Bonne gouvernance et Croissance Mieux Répartie. Il a été choisi d’impliquer uniquement un nombre limité de ministères et institutions – respectivement neuf et deux – dans le cadre de ce premier exercice, afin d’acquérir une expérience avant d’envisager son extension à l’ensemble des départements ministériels, institutions de l’Etat et de la Société civile lors des prochaines itérations. Le périmètre choisi pour l’auto-évaluation est bien cependant le champ complet de l’action gouvernementale sans focalisation sur un secteur particulier.

La première étape, du 9 au 16 Mars 2009, a couvert l’ensemble des travaux préparatoires, en particulier la validation du périmètre de l’analyse, la finalisation de la liste des participants et l’adaptation du cadre d’analyse au contexte nigérien.

La seconde étape, du 17 Mars au 17 Avril 2009, a consisté en des réunions par département, avec le double objectif de recueillir les commentaires éventuels sur le cadre de référence suite à son adaptation au contexte du Niger, et de procéder à cette auto-évaluation d’abord en groupe restreint. Ce travail a permis de consolider l’ensemble des résultats par ministère pour identifier les points de divergence éventuels, en préparation des discussions en groupe complet lors de la 3ème étape.

La troisième étape, du 21 au 23 Avril 2009, a consisté en la tenue d’un atelier réunissant le groupe intersectoriel de hauts cadres de l’Administration, avec les objectifs suivants i) finaliser l’auto-évaluation CAP-Scan en groupe complet, ii) analyser les résultats pour bâtir une première vision des priorités d’action, iii) définir les priorités d’action de renforcement de capacités de GRD, iv) établir une vision commune des priorités avec les Secrétaires Généraux des ministères, v) élaborer un plan d’action, vi) définir les prochaines étapes et le suivi post Cap Scan.

Lors des prochains envois, nous parlerons plus en détail de chacune des étapes, de la spécificité de l’auto-évaluation, de l’originalité du cas du Niger, du rôle de nos partenaires, des problèmes rencontrés, des leçons apprises et de notre réussite. Nous souhaiterions surtout ouvrir un dialogue et partager notre expérience avec les membres de l’AfCoP. Quels thèmes et questions souhaiteriez-vous abordés ? Que vous inspirent nos remarques préliminaires ?

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Réponses à cette Discussion

Vous avez raison de reconsidérer la pondération des piliers. Mais je ne pense pas si cette pondération peut changer les choses. Il ne s'agit pas d'avoir une note global du processus mais de déterminer les niveaux de capacités de chaque pilier et même de chaque dimension afin d'agir. Avec la pondération on risque d'oublier certaines dimensions. Quand vous prenez l'exemple du pilier Planification et budgétisation qui a une note de 1.60 vous trouverez que la dimension cohérence du budget a une note de 2.20 alors que la dimension participation des acteurs a une note de 1. Sur cette base pour améliorer les capacités de ce pilier vous pouvez mettre beaucoup plus l'accent sur la dimension ayant une note inférieure tout en essayant de maintenir voir d'améliorer le score de la dimension ayant un score fort. Pour moi cette méthode permet de prioriser les actions à mener. Pour les besoins de comparaison cette méthode m'apparait plus opportune. Mais comme l'a suggéré Samer la pondération peut être revue selon les pays.

Abdel Aziz Ould Dahi a dit :
Bonjour Seydou,
Felicitations pour l'experience reussie du Niger!
J'avais cependant un certain nombre d'interrogations qui ont resulte de l'experience du Senegal en matiere de CAP Scan. Ne pensez-vous pas que les differents piliers du Cap Scan devraient etre ponderes en fonction de l'importance d'un pilier par rapport a un autre? Autrement dit, les 5 piliers du CAP Scan (leadership, Suivi Evaluation, Budgetisation axee sur les resultats, Redevabilite et Partenariat et Capacite Statistiques) devraient-ils avoir le meme degre d'importance dans un processus GRD?

Aziz Dahi, Mauritanie

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Bonjour à tous
Après lecture des résultats d'auto évaluation, je comprend que le Niger a déjà des potentialités qu'il faut exploiter. surtout en ce qui concerne la planification et la budgetisation.
En ce qui concerne la pondération des piliers, je suis du côté de Seydou. Car il ne faut pas prioriser un piliers par raport à un autre. L'excellence, c'est d'obtenir une forte moyenne tout en minimisant l'écart des notes de chaque pilier par rapport à cette moyenne.
Merci
Paul HOUNDONOUGBO

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Bonjour à tous,

Merci à tous de vos remarques très stimulantes !

Une fois réalisé le diagnostic des capacités de Gestion des Résultats de Développement (GRD) de l’Administration du Niger, nous avons élaboré un plan d’action visant leur renforcement lors de la dernière journée de l’atelier final le 23 avril 2009. Les actions prioritaires de ce plan ont été identifiées selon deux critères: (1) celui de la priorité et (2) celui de la faisabilité. Les dimensions ayant obtenues les plus faibles scores figurent en tête des actions à mener. Leur faisabilité a ensuite été mesurée en fonction des moyens disponibles et mobilisables, des effets à court et moyen terme, et de la complexité technique, humaine et politique. Suite à cette analyse des résultats, nous avons choisi de nous focaliser sur les 6 dimensions suivantes:

Pilier Leadership

1. Responsabilisation et délégation au niveau des cadres de l'Administration
2. Intégration de la dimension décentralisation
3. Gestion des ressources humaines

Pilier Suivi et Evaluation

4. Systèmes de mesure de la satisfaction des usagers
5. Performance de l'administration orientée vers les résultats de développement

Pilier Planification et Budgétisation

6. Elaboration budgétaire basée sur les objectifs et résultats.

Véritable feuille de route pour le développement des capacités de GRD du Niger, ce plan prévoit la mise en œuvre d’actions originales, comme par exemple l’élaboration budgétaire basée sur les objectifs et les résultats. Il reprend aussi un certain nombre de mesures faisant d’ores et déjà partie d’autres cadres et documents de programmation. Nous avons donc choisi de créer des synergies entre ceux-ci. La plupart des actions définies lors du CAP-Scan sont intégrées dans le plan d’Actions prioritaires de la Stratégie de Développement Accéléré Réduction de la Pauvreté (SDRP) et des programmes de renforcement des capacités en cours d’exécution ou en formulation.

En effet, le plan d’action reprend certains résultats de la Stratégie de Développement Accéléré et de Réduction de la Pauvreté (SDRP) qui prévoit entre autre que le pourcentage de secteurs disposant d’une politique sectorielle et d’un Cadre de Dépenses à Moyen Terme aligné sur les objectifs de la SDRP atteigne 100%. On s’est aussi aperçu que l’objectif de mise en œuvre d’une politique de gestion prévisionnelle des emplois et de gestion des carrières recoupait l’une des mesures du Programme Intégré de Modernisation de l'Administration publique (PIMAP) lancé en 2007. De même, le Plan de Développement Sanitaire (PDS) du pays prend en charge la dimension système d’information et outils d’aide à la décision du plan d’action en visant à renforcer le système d’information sanitaire permettant d’assurer une gestion efficiente des épidémies. Enfin, le programme de renforcement des capacités du ministère de l’Economie et des Finances a pris en compte certaines dimensions des deux piliers : suivi et évaluation, Planification et budgétisation.

Où en est-on aujourd’hui? Cinq mois après l’élaboration du plan d’action, une partie de sa mise en œuvre reste à réaliser. Dans notre prochain et ultime article, nous aborderons davantage la stratégie de dissémination du plan d’action et sa mise en œuvre effective. Mais avant cela, je vous invite à nouveau à réagir en ligne. Que vous inspire le plan d’action développé dans le cadre du CAP-Scan? Comment cela s’est-il passé dans les autres pays ayant appliqué le CAP-Scan? De quelle façon liez-vous aussi le plan d’action aux stratégies de réduction de la pauvreté et des programmes de renforcement des capacités existants?

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En complément du dernier article de M. Seydou Yayé, vous verrez dans ce diagramme le résultat du processus de priorisation. Il combine les résultats de l’auto-évaluation à la division en 2 niveaux de priorité pour présenter l’ensemble des dimensions CAP-Scan et les niveaux de difficulté estimés pour les différentes dimensions.

Le plan d’actions prioritaires est reproduit ci-dessous. Seules les dimensions prioritaires retenues y figurent.

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Contribution de Gado Boureima(Consultant national Cap-Scan Niger)
Le grand avantage du CAP-SCAN, c’est la prise de conscience qu’il permet quant à la nécessité de « fédérer » les différentes approches des politiques publiques, tant au niveau de la conception qu’à celui de la mise en œuvre, et cela, sur la base des outils de la GRD.
Le plan d’action auquel est parvenu l’exercice du Niger le démontre aisément, avec cette articulation judicieuse entre des éléments de la SDRP, le PDS et le PIMAP. Il faut savoir que ces politiques n’ont pas été élaborées au même moment, et que même si les deux dernières sont considérées parties intégrantes de la SDRP (comme bien d’autres) la démarche, dans le fond, diffère de l’une à l’autre. Le CAP-SCAN a permis de surmonter cette difficulté et d’aboutir à un plan d’action cohérent.
De l’examen du plan d’action, et sans qu’un postulat ait été posé au départ, on peut relever que les actions retenues ont, d’une part, un caractère transversal, et concernent, d’autre part, l’aspect renforcement des capacités en ressources humaines, mettant, du coup, un accent particulier sur le pilier leadership.
La réussite du plan d’action est donc conditionnée par une volonté politique affirmée, dont la pérennisation passe par l’institutionnalisation de la GRD officialisée par des textes juridiques (loi, décrets, arrêtés) effectivement appliqués.
Ainsi, le CAP-SCAN nous démontre que son investissement initial est à la portée de nos pays. Et une fois sur les rails, les PTF auront-ils d’autres choix que d’appuyer des efforts qui s’inscrivent dans l’optique d’un réel développement durable ?

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Monsieur Gado propose d'institutionnaliser la GRD par textes juridiques (Loi, Decrêt). cette solution peut - elle s'adapter dans le contexte de nos pays. Quelle valeur ajoutée peut -elle apporter. Un texte juridique peut constituer un frein au développement de l'approche. Quelles réactions vous inspirent ces questionnements. Réagissez et donnez nous vos propositions pour la suite du processus.

Boureima Gado a dit :
Contribution de Gado Boureima(Consultant national Cap-Scan Niger)
Le grand avantage du CAP-SCAN, c’est la prise de conscience qu’il permet quant à la nécessité de « fédérer » les différentes approches des politiques publiques, tant au niveau de la conception qu’à celui de la mise en œuvre, et cela, sur la base des outils de la GRD.
Le plan d’action auquel est parvenu l’exercice du Niger le démontre aisément, avec cette articulation judicieuse entre des éléments de la SDRP, le PDS et le PIMAP. Il faut savoir que ces politiques n’ont pas été élaborées au même moment, et que même si les deux dernières sont considérées parties intégrantes de la SDRP (comme bien d’autres) la démarche, dans le fond, diffère de l’une à l’autre. Le CAP-SCAN a permis de surmonter cette difficulté et d’aboutir à un plan d’action cohérent.
De l’examen du plan d’action, et sans qu’un postulat ait été posé au départ, on peut relever que les actions retenues ont, d’une part, un caractère transversal, et concernent, d’autre part, l’aspect renforcement des capacités en ressources humaines, mettant, du coup, un accent particulier sur le pilier leadership.
La réussite du plan d’action est donc conditionnée par une volonté politique affirmée, dont la pérennisation passe par l’institutionnalisation de la GRD officialisée par des textes juridiques (loi, décrets, arrêtés) effectivement appliqués.
Ainsi, le CAP-SCAN nous démontre que son investissement initial est à la portée de nos pays. Et une fois sur les rails, les PTF auront-ils d’autres choix que d’appuyer des efforts qui s’inscrivent dans l’optique d’un réel développement durable ?

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Bonjour,

L'institutionalisation des la GRD est à mon avis un pas dans la bonne direction. Une fois cela dit, les défis solnt dans les détails. Une loi devrait a mon avis envoyer les incitations nécessaires afin de récompenser la performance... (les budgets au niveau des organisations; les primes au niveau des employés) et de d 'éliminer les secteurs non performant. Au coeur d'une telle démarche, la question centrale est de repenser le role de l'évaluation et des audits. Sans ce genre d'incitatifs, la démarche insitutionelle ne pourrait être efficace.

Au Canada, la GRD est institutionaliser, mais le systeme d'incitation qui devrait l'accompagner est déficient, donnant des résultats mitigés.

Bien à vous,

Denis Jobin - vice président sortant IDEAS 2006-09

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Bonjour,

La question de l'institutionnalisation et de la mise en place d'un cadre légal autour de la GRD est, ainsi que présenté d'ailleurs dans le CAP-Scan, directement liée à celle du leadership.

La formulation d'un simple texte n'est certainement pas suffisante si les modalités de sa mise en application ne sont pas claires, ainsi que les modalités de son suivi ultérieur. Dans ce cadre, je voudrais proposer l'exemple de la France, car ces questions ne sont pas propres à nos pays mais constituent un débat et un mouvement de fond -même si les mots utilisés ne sont pas forcément les mêmes, ce qui me semble d'ailleurs un élément peut-être à revoir. En France, ce mouvement vers la GRD a été appelé la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) et a été introduit dans la loi et avec les structures adéquates de gestion. Au-delà, un débat public vigoureux a aussi pu avoir lieu sur les bienfondés de cette réforme, qui faisait partie d'ailleurs du programme de campagne du candidat élu.

Bien sûr, les moyens dont dispose un pays comme la France pour mener à bien ce type de réforme sont démesurés par rapport aux moyens des pays africains. Mais ceci pose cependant une question fondamentale: quels sont les chances de succès des mouvements de modernisation dans des pays où les ressources -et donc les initiatives- sont souvent fragmentées?

Pour plus d'informations sur la RGPP:

http://www.budget.gouv.fr/presse/dossiers_de_presse/plf2010/grandes..., ou le site

http://rgpp.modernisation.gouv.fr/.

Pour la suite de la discussion, je propose d'envisager les différentes possibilités d'institutionnalisation d'un plan d'action type CAP-Scan dans la structure administrative, en fonction des expériences des différents pays. Pour donner quelques exemple de questions que je me pose en tous cas: structure dédiée ou insertion dans un mécanisme existant? Plan d'action spécifique ou intégration dans les documents de stratégie nationale de développement? Mise en oeuvre indépendante ou intégration dans les plans d'actions nationaux lors du processus de revue de la stratégie nationale?

Merci.

Samer

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Bonjour à tous

Selon moi, la question de l'institutionnalisation n'est pas la plus importante. Elle est facile si la décision est prise. Le problème reside au niveau de son apllicabilité et de son suivi. Cet outil serait d'ailleurs le bienvenu dans nos Etats africains pour réduire les mauvaises gestion des affaires pupliques. Malheuresement malgré qu'il existent des textes interdisant la mauvaise gestion, celle-ci ne fais que s'aggraver.
Il se s'agira pas d'institutionnaliser la GAR pour la forme. Cela ne servirait à rien si l'on pas assez de moyens pour garantir son application effective.

Pour ce faire, je crois qu'il faut procéder par exemple par approche projet où le garant de l'exécution sera différent et moins dépendant de la hièrachie de l'institution publique concernée. Ce dernier étant lié par une obligation de résultat. A la fin du projet, les instituions prendront en charge son application et seront jugèes par rapport au résultats du projet.
Voilà selon moi une méthode qui aboutira par la suite à la légalisation de la GAR effective de GAR.

Merci


samer hachem a dit :
Bonjour,

La question de l'institutionnalisation et de la mise en place d'un cadre légal autour de la GRD est, ainsi que présenté d'ailleurs dans le CAP-Scan, directement liée à celle du leadership.

La formulation d'un simple texte n'est certainement pas suffisante si les modalités de sa mise en application ne sont pas claires, ainsi que les modalités de son suivi ultérieur. Dans ce cadre, je voudrais proposer l'exemple de la France, car ces questions ne sont pas propres à nos pays mais constituent un débat et un mouvement de fond -même si les mots utilisés ne sont pas forcément les mêmes, ce qui me semble d'ailleurs un élément peut-être à revoir. En France, ce mouvement vers la GRD a été appelé la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) et a été introduit dans la loi et avec les structures adéquates de gestion. Au-delà, un débat public vigoureux a aussi pu avoir lieu sur les bienfondés de cette réforme, qui faisait partie d'ailleurs du programme de campagne du candidat élu.

Bien sûr, les moyens dont dispose un pays comme la France pour mener à bien ce type de réforme sont démesurés par rapport aux moyens des pays africains. Mais ceci pose cependant une question fondamentale: quels sont les chances de succès des mouvements de modernisation dans des pays où les ressources -et donc les initiatives- sont souvent fragmentées?

Pour plus d'informations sur la RGPP:

http://www.budget.gouv.fr/presse/dossiers_de_presse/plf2010/grandes..., ou le site

http://rgpp.modernisation.gouv.fr/.

Pour la suite de la discussion, je propose d'envisager les différentes possibilités d'institutionnalisation d'un plan d'action type CAP-Scan dans la structure administrative, en fonction des expériences des différents pays. Pour donner quelques exemple de questions que je me pose en tous cas: structure dédiée ou insertion dans un mécanisme existant? Plan d'action spécifique ou intégration dans les documents de stratégie nationale de développement? Mise en oeuvre indépendante ou intégration dans les plans d'actions nationaux lors du processus de revue de la stratégie nationale?

Merci.

Samer

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Chers collègues,

Après plus de deux mois de discussion, nous arrivons au terme de notre étude de cas sur le processus CAP-Scan au Niger, développée pour le premier document de référence en ligne de l’AfCoP. Cette étude de cas connaitra prochainement une nouvelle vie, sous une version papier. Celle-ci prendra également en compte vos commentaires.

Mais avant cela, concentrons-nous sur l’étape ultime du CAP-Scan c'est-à-dire la mise en œuvre de son plan d’action visant l’amélioration durable des capacités en Gestion axée sur les Résultats de Développement (GRD) de l’Administration du Niger.

A cette fin, un plan de dissémination et de suivi et un plan d’opérationnalisation du plan d’actions ont été conçus. Ils consistent d’une part à internaliser le processus au sein de l’Administration, et auprès des Partenaires Techniques et Financiers et de la société civile, et d’autre part d’institutionnaliser l’exercice par ses acteurs. Une participation large est donc organisée pour susciter une forte adhésion aux actions à entreprendre. C’est dans ce cadre qu’une stratégie de communication inclusive, et un dispositif de suivi effectif ont été préconisés. Le présent article traitera de la mise en œuvre du processus et tentera de faire un premier bilan des actions entreprises.

1 La stratégie de communication vise sept audiences différentes, afin de favoriser le partage des connaissances et l’existence d’un débat éclairé sur le renforcement des capacités. Il s’agit non seulement de faire participer les ministères et institutions ayant participé à l’exercice, mais aussi d’autres acteurs n’ayant pas directement pris part au diagnostic CAP-Scan, mais dont le concours est nécessaire à son succès: l’audience couvre les ministères, le Parlement, les structures déconcentrées de l’Etat, les structures décentralisées, les partenaires techniques et financiers, les syndicats et les organisations non-gouvernementales et associations œuvrant dans le domaine du développement.

Il avait été prévu une restitution des résultats au profit des ministères participants après validation du plan d’actions par les Secrétaires Généraux. L’adhésion de ces derniers aux conclusions et au plan d’action a été une des innovations importante de l’exercice. Ainsi la concertation intersectorielle s’est renforcée et les responsabilités qui incombaient à chacun des acteurs ont été discutées et déterminées.


2. Le dispositif de suivi. Les efforts visant à mettre en œuvre les actions proposées sont partagés auprès des acteurs concernés et un suivi concerté et intersectoriel du plan d’action CAP-Scan de renforcement des capacités GRD est organisé. Tous les programmes de renforcement des capacités ont été recensés et les appuis relatifs à la GRD identifiés. Beaucoup d’acteurs du processus ont participé à des conférences, séminaires et ateliers au sein desquels les résultats de l’exercice CAP-Scan ont été présentés et discutés.

Plutôt que d’en créer de nouvelles structures de suivi, il a été décidé de confier le suivi aux structures existantes qui jouent des rôles importants dans le dispositif national de suivi et évaluation. Une supervision de la mise en œuvre est réalisée chaque semestre avec les Secrétaires Généraux. Le comité technique de l’équipe CAP-Scan suit l’avancement aussi de façon trimestrielle. La Direction Générale de l’évaluation des Programmes de Développement produit un rapport semestriel d’avancement, alors que les Direction des Etudes et de la Programmation des Ministères Techniques suivent les actions au niveau sectoriel. Enfin, une revue du pilotage du plan d’action est calée chaque année sur celle de la Stratégie de Développement Accélérée de Réduction de la Pauvreté. Le prochain rapport d’avancement est attendu pour fin décembre 2009.

En vous invitant une nouvelle fois à réagir à cet article, je tiens à tous vous remercier de l’ensemble de vos riches commentaires. Cet échange très constructif contribue au renforcement des capacités de GRD en Afrique.

A bientôt,
Seydou yayé

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Denis vous avez parfaitement raison. On dit généralement que l'institutionnalisation doit suivre suivre une approche du baton et de la carrote c'est à dire la rigueur et la flexibilité. La meilleure solution est de renforcer les capacités des acteurs à aller vers les réformes et la GRD.

Denis Jobin a dit :
Bonjour,

L'institutionalisation des la GRD est à mon avis un pas dans la bonne direction. Une fois cela dit, les défis solnt dans les détails. Une loi devrait a mon avis envoyer les incitations nécessaires afin de récompenser la performance... (les budgets au niveau des organisations; les primes au niveau des employés) et de d 'éliminer les secteurs non performant. Au coeur d'une telle démarche, la question centrale est de repenser le role de l'évaluation et des audits. Sans ce genre d'incitatifs, la démarche insitutionelle ne pourrait être efficace.

Au Canada, la GRD est institutionaliser, mais le systeme d'incitation qui devrait l'accompagner est déficient, donnant des résultats mitigés.

Bien à vous,

Denis Jobin - vice président sortant IDEAS 2006-09

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